Occulte héros 3

Publié le par Guillaume Fortin

TROIS

 

Je suis chez Hassan, à la Plaine, quand je reçois un message de ma sœur : j’ai quitté mon mec. tu passerais pas une soirée de célibataires avec ta frangine ?

Je lui réponds : ok t où ?

Elle me donne rendez-vous au Bar du Marché.

Une demi-heure plus tard, place Notre Dame du Mont, je la cherche en terrasse. Je la repère assez vite, malgré le monde.

Je m’installe avec elle et commande un pastis.

« Alors, ça y est, tu l’as quitté ?

-  Ouais. Enfin, je sais pas trop encore, mais on s’est disputé ce soir. Parce qu’il veut jamais rien faire. Pas moyen de le bouger. Moi, je voulais sortir, parce que c’est vendredi, qu’on travaille pas demain, tu vois, et lui, ça lui disait pas. Ca a commencé comme ça. Mais en fait ça fait déjà un moment que ça va pas trop entre nous. Je lui ai dit qu’on ferait peut-être mieux de se quitter un peu, de prendre du recul. Il est parti fâché, mais c’est pas plus mal.

- Tu devrais peut-être le quitter pour de bon, non ?

- Je sais pas. Lui, il m’offre la sécurité, tu vois. Il veut même me faire des gosses. Mais je sais pas. Moi aussi j’ai envie de faire des gosses, mais y a un truc qui me fait peur, avec lui. Peut-être que t’as raison, ça manque d’aventure. Tu crois qu’on est obligé de faire des gosses avec un mec tout ça parce qu’il vous rassure et que son seul idéal c’est de passer toute sa vie à la maison. Doit peut-être y avoir une alternative, non ?

- Sûrement. »

Je bois la fin de mon verre.

« J’ai envie de danser. Y a une soirée dans un hangar vers les Docks, un truc électro. C’est des amis qui organisent. Ca te dit d’y faire un tour ? J’ai la voiture garée juste à côté.

- Pourquoi pas. »

            On récupère sa caisse et on part vers les Docks.

Là-bas, on débarque quelque part, un petit hangar où des potes à ma sœur organisent une soirée électro.

            Dans le hangar, l’ambiance est toute tamisée. Y a des tissus partout et des éclairages roses, verts, violets.

Tout le monde a au moins la trentaine.

Certains discutent, assis sur des poufs, devant des tables basses improvisées sur lesquelles y a des fruits, des bonbons et des cocktails, roses, verts, violets.

Y en a d’autres qui dansent.

            Tout le monde c’est collé sur les fringues un morceau de ruban adhésif pour les colis avec marqué dessus : FRAGILE.

            Ma sœur veut prendre un ecsta alors on se met à chercher le mec qui en vend.

            On met pas longtemps à le trouver.  

Il a une casquette sur la tête et son portable autour du cou qu’arrête pas de clignoter : rose, vert, violet. Il nous enlace tous les deux avec ma sœur comme si on se connaissait depuis toujours et nous fais la bise.

Il a des Papillons Roses. Ma sœur lui en prend un, moi non. Du coup l’autre me dit : « Non, non… mais tu sais… c’est du tout cool… hein… c’est que de l’amour… » Mais je lui dis que ça va et lui demande où il y a de la bière.

L’air de pas comprendre pourquoi je prends rien, il m’indique quand même la cuisine. J’y vais et prends une bière dans le frigo.

            Je commence à la boire en observant ma sœur qui commence à danser en attendant que ça monte, et puis en observant les autres, qui dansent, et attendent que ça monte, eux aussi, sûrement.

            Y a des mecs qui s’approchent d’elle, l’enlacent et discutent un peu.

Tout le monde se touche, régulièrement.

Je vais me chercher une autre bière et croise ma sœur qui me dit que ça lui monte toujours pas. Elle m’explique que c’est parce qu’elle a trop mangé avant, que ça doit être pour ça, sûrement.

Il est une heure du matin quand elle me dit : « Viens, on se barre ».

De retour à la Plaine, on décide d’aller boire une bière chez Hassan avant que ça ferme.

Installés au comptoir, elle se met à me dire qu’elle a envie de faire des enfants, et qu’il faut en faire, des enfants, et qu’on s’en fout, si c’est pas avec l’homme de sa vie, qu’on en fait, des enfants. Que, de toutes façons, c’est quoi, l’homme de sa vie ? Qu’on va pas attendre le prince charmant, ni l’amour idéal. Que, de toute façon, on va s’en occuper, des enfants, des enfants du monde entier. Qu’une fois qu’on les aura fait, suffira de leur donner plein d’amour. Qu’elle, elle en a marre des mecs, qu’y en a pas un à la hauteur, alors, qu’elle va en faire un toute seule, de gosse, si ça continue. Et puis, qu’on verra bien, ensuite. Qu’elle s’en occupera, de toute façon. Qu’elle lui donnera plein d’amour. Et puis elle se met à me parler de mon père, et puis de ma mère, à me dire qu’il faut qu’on aille les voir, qu’il faut qu’on s’occupe d’eux, qu’on leur donne plein d’amour, à eux aussi, que l’important, c’est l’amour qu’on donne.

Et puis, elle me prend la main, et me sert dans ses bras, et me touche l’épaule en continuant de parler.

A deux heures du matin, Hassan doit fermer le bar alors on se retrouve dehors et ma sœur me dit qu’elle veut danser, danser, danser.

Alors on va à l’Art-Haché.

Là-bas, quand on arrive, il y a déjà plein de monde. Les voûtes, au plafond, suintent la condensation.

On prend une bière chacun et ma sœur commence à danser au milieu de tout le monde, coller les uns aux autres.

Quand des mecs lui proposent de danser avec elle, elle accepte en leur touchant l’épaule.

Je reste à boire ma bière, accoudé au comptoir. Ma sœur continue de danser un bon moment.

Vers cinq heures du matin, elle décide de rentrer.

On récupère sa caisse et on rentre à Allauch. Arrivé chez elle, on se déshabille et on va se coucher tous les deux dans son lit.

 

 

 

Quand je me réveille, je ai l’impression de ne pas avoir beaucoup dormi. Je ne sais pas qu’elle heure il est. Ma sœur dort à côté de moi. Je me lève et vais dans le salon. Je m’installe dans le canapé, allume la télé et zappe sur une chaîne qui passe un reportage sur les baleines.

Je m’assoupis et suis réveillé bien plus tard par une voiture que arrive et se gare devant chez ma sœur.

Je me lève du canapé.

Le mec de ma sœur est rentré et me dévisage.

Je lui dis : « Elle dort ».

Ma sœur arrive à ce moment-là dans le salon. Elle a juste enfilé la robe qu’elle portait hier soir et sur laquelle y a encore collé la banderole : FRAGILE.

Il lui dit : « C’est quoi ça ? »

Ma sœur baisse les yeux sur sa robe et décolle le ruban adhésif.  

Je récupère mes affaires et m’apprête à partir.

Ma sœur me demande si je veux qu’elle me raccompagne :

« Non non, ça va, je lui réponds, je vais prendre le bus. »

Elle m’embrasse sur le pas de la porte.

Dehors, de l’autre côté de la rue, l’arrêt de bus est en plein soleil et la lumière m’éblouie.

 

 

 

Un SMS de J-B. Une soirée à La Plaine. Rue Auguste Blanqui.

Je suis à la terrasse des Treize Coins.

Je finis mon pastis et monte  à la Plaine en passant par Noailles.

Tout le monde est dehors, parce qu’il commence à faire trop chaud dans les apparts, même le soir.

Y a des gamins qui jouent au foot. Ils sont devant l’entrée de la bouche de métro et tirent des grands coups de ballon sur un rideau métallique qui fait office de cage.

Y a des jeunes qui s’arrêtent en bagnoles et bloquent tout le monde avec l’autoradio à fond. Ils discutent avec d’autres jeunes qui font le planton sur la place avec leurs lunettes de soleil sur le nez alors qu’il fait nuit, mais que c’est vrai qu’on dirait qu’il y a encore du soleil, à cause de la chaleur que continuent de recracher les murs.

Y a pas beaucoup de filles. Les seules qui sont là sont pas plus loin que devant la porte de leur immeuble, en pantoufles roses et pyjama à fleurs, à discuter, nonchalantes, avec les mecs à lunettes de soleil.

Et puis, y a des vieux arabes, dans leur coin, qui discutent, eux aussi, par petits groupes, loin des jeunes.

Au 35 rue Blanqui, arrivé au cinquième étage, l’appart me dit vaguement quelque chose.

Une meuf m’a ouvert la porte et je lui dis bonjour. Elle me répond : « Bonjour, ça va ? », et me regarde avec insistance, comme si on se connaissait. Et puis elle continue à me regarder, sans rien dire.

Au bout d’un moment, comme elle me bloque devant l’entrée et qu’y a du monde qu’est  arrivé derrière moi, elle finit par reprendre : « Tu me reconnais pas ? ».

Je lui dis que non elle me dit qu’on a déjà dansé ensemble.

Elle a un œil marron et l’autre vert.

Je fais : « Ah bon ? »

Elle réplique : « Ouais-ouais…  Tu m’as même invité plusieurs fois à danser… ».

Je lui fais : « Ah ouais ? Et, c’était où ? »

Elle me répond : « Ben, c’était ici. Pour mon anniversaire. Comme aujourd’hui, mais j’avais un an de moins… »

Je lui souhaite bon anniversaire et elle me laisse passer.

Je me faufile parmi les gens et vais me chercher un verre dans la cuisine.

Y a déjà pas mal de monde.

De loin, J-B me fait un clin d’œil. Il est en train de discuter avec une fille.

Et puis je croise mon éditeur qui a déjà l’air bien bourré. Il est passé à côté de moi sans me voir.

Je fais un petit tour avec mon verre à la main.

Je retourne dans la cuisine et croise le regard d’une nana qui me dit quelque chose. Elle m’a repéré elle aussi mais n’a pas l’air de me remettre tout à fait, elle non plus.

Et puis je tombe sur Sophie.

Elle a mis une robe moulante et beaucoup de parfum.

Elle vient me faire la bise.

On discute un peu ensemble et je la quitte et retourne faire un tour.

Je recroise le regard de la grande brune qui me dit quelque chose.

Dans le salon, je m’incruste dans une conversation à proximité de la meuf au regard bicolore. Ils ont l’air de s’être mis d’accord pour dire que la sexualité a changé de nos jours. Que, depuis 68, on est beaucoup plus libre, plus libre même qu’on était à cette époque parce qu’on se pose plus la question de la liberté sexuelle. Maintenant, c’est une chose qui fait partie de notre inconscient, et que, du coup, ça nous pose moins de problème. C’est une liberté sans revendication. On peut être homo, ou hétéro, ou passer de l’un à l’autre, sans être obligé de s’identifier à l’un ou l’autre bord.

Je dis que ça va bien plus loin que ça. Que, bientôt, dans un futur pas si lointain, y aura de moins en moins de différences entre les hommes et les femmes. En occident, en tous les cas. Que, d’ailleurs, y a des enquêtes qui tendent à démontrer que les hommes occidentaux ont de moins en moins de testostérone et produisent moins de spermatozoïdes qu’avant. Que, du coup, les hommes vont s’intéresser de moins en moins aux femmes, et les femmes aux hommes, et qu’il y aura, d’un côté, la sexualité, et de l’autre, la reproduction. Que les hommes vont être de plus en plus PD et les femmes gouines vu que de toute façon les hommes ne feront plus jouir les femmes, ni les femmes bander les hommes, et qu’on ne s’occupera plus de la reproduction que dans son seul aspect biologique, via l’insémination artificielle. Et puis que, du coup, on va devoir recréer une nouvelle forme d’immigration, parce qu’on aura besoin du sperme et des ovules des gens du tiers monde parce qu’ils seront meilleurs que les nôtres, et puis,  qu’en plus, on sait que le métissage améliore le système immunitaire, et que la race blanche est vouée à la disparition, de toute façon, si elle ne se mélange pas.

Une nana trouve que ce que je dis sur l’utilisation des gens du tiers monde « c’est foncièrement raciste ».

Je dis que ça fait déjà longtemps que la question de la différence entre les sauvages et les civilisés elle se pose, au niveau du sexe. Que, par exemple, la femme noire elle peut pas jouir avec l’homme noir parce que c’est son but, d’être l’objet sexuel de l’homme noir. Et que, du coup, sexuellement, elle, ça l’aliène.  Mais que, l’homme noir, en revanche, il fait jouir la femme blanche, parce qu’avec un black elle se lâche et elle prend son pied, et lui aussi parce qu’elle prend son pied avec lui, justement. Et puis, qu’inversement, l’homme blanc, lui, il peut pas faire jouir la femme blanche, parce que pour lui elle est castratrice. Mais il peut faire jouir la femme noire, parce que la femme noire elle se laisse aller avec lui, elle oublie son rôle et elle peut enfin jouir tranquillement et découvrir sa sexualité.

Alors tout le monde commence à se demander si, ouais, est-ce que c’est vrai que la femme blanche elle jouit qu’avec des noirs, et l’homme blanc qu’avec des blacks ?

Le débat finit par semer la discorde dans un couple parce que la fille, apparemment, elle a déjà essayé avec un noir et que, en effet, elle à l’air de dire que, ouais, c’est pas mal. Mais, son mec, lui, il a jamais eu l’occasion de baiser avec une black, alors, du coup, il peut pas dire grand chose, de son côté. Et il finit par demander à sa copine si elle jouit vraiment avec lui, ou si elle fait que simuler.

Elle, elle dit que c’est pas pareil, qu’y a la sensualité de la peau black, tout ça.

La fille aux yeux multicolores me demande : « Et toi, tu fais l’amour qu’avec des noires alors ? ».

Sur ce, y a Sophie qui débarque. Elle me dit : «  On boit un coup ? »

Je laisse l’autre fille et me dirige avec elle vers la cuisine.

            Y a plein de trucs à boire sur la table. Je lui demande ce qu’elle veut. Elle me dit : « Y a pas de la vodka ? »

Comme y en a pas sur la table, je lui dis que je sais pas mais que je vais aller voir dans le congèle.          

Dans le congélateur, y a une bouteille de Zubrowska que je récupère et rapporte à Sophie. On commence à en boire des bouchons dans la cuisine.

Je vois passer J-B qui me fait un clin d’œil, de loin.

Et puis y a un pote à Sophie qui vient lui dire bonjour.

J’en profite pour m’éclipse et croise de nouveau le regard de la grande brune.

Puis je retrouve la fille aux yeux bicolores. On discute un peu ensemble avant que Sophie ne nous rejoigne à nouveau. Elle a la bouteille de vodka à la main et nous propose un bouchon.

On se boit un petit bouchon chacun. Sophie fait connaissance avec l’autre meuf. Je m’éclipse.

De retour dans la cuisine, J-B est en train de discuter avec la grande brune qui me dit de plus en plus quelque chose. J-B me repère et me lance un clin d’œil. Elle me regarde et me lance un clin d’œil, elle aussi.

Je me sers un verre, fume une clope, observe les gens.

Puis je retombe sur la fille aux yeux multicolores. Elle passe son bras autour du mien et m’emmène dans sa chambre. Là, elle me balance dans le tas de fringues qu’est posé sur son lit avant de refermer la porte à clé derrière elle.

Elle enlève ensuite son chemisier et plaque ma tête contre ses seins, tout en dégrafant son soutien-gorge, tout en essayant de m’embrasser alors que j’ai la tête dans ses seins.

Après m’avoir baissé le pantalon et le caleçon jusqu’aux genoux, enlevé son pantalon et sa culotte à elle, elle décide ensuite d’enfiler un préservatif sur ma bite qui dit non du gland, mollement, de gauche à droite, comme un pendule.

Branlant mon sexe afin de le stimuler, elle finit par y arriver, et monte sur moi à califourchon.

Une fois sur ma bite, elle commence à monter et descendre, mon sexe dans son sexe, dans un mouvement de ventouse m’aspirant la bite comme un bout de chair inerte et élastique.

J’éjacule mollement et ma bite finit par ramollir à telle point qu’elle doit s’en rendre compte et s’arrête, me regardant avec ses grands yeux dépareillés qui veulent me dire quelque chose, je ne sais pas trop quoi, de l’ordre d’une certaine déception, sans doute.

Alors elle se retire de moi, et le préservatif tout flasque se barre et reste coincé dans son sexe où il pendouille comme un vieux chewing-gum. Elle a comme un frisson et, d’un geste de dégoût, elle se l’extirpe de la fente.

Elle reste ensuite silencieuse le temps de se rhabiller complètement pour retourner dans le salon, me laissant dans le tas de fringues, le caleçon et le pantalon encore sur les genoux, avec, à la main, la capote qu’elle m’a refilé avant de partir, et dont je sais pas trop quoi faire.

Je finis par l’abandonner à côté du lit et commence à me rhabiller.

Et puis je reste encore assis un moment dans les fringues des convives de la soirée qui sentent l’odeur du sexe mêlée à celle du caoutchouc et à tout un tas de parfums différents.

En sortant de la chambre, je tombe sur la grande brune qui venait sûrement pour récupérer ses fringues avant de partir, mais qu’a l’air d’avoir changé d’avis en un clin d’œil.

Enfin, c’est ce que je me dis qu’elle a dû se dire, elle, en me voyant, parce que, tout en me sautant dessus, elle me sort, de sa voix masculine : « Ah te voilà ! Je te cherchais partout! »

Elle me roule un palot et je me mets à bander sous mon jean. Elle  caresse mon sexe à travers la toile épaisse, puis se met à quatre pattes pour ouvrir ma braguette et prendre ma bite dans sa bouche.

Je me retrouve de nouveau dans le tas de fringues et sens que ça va mettre du temps à venir, cette fois-ci.

L’autre commence à me chevaucher, dans un sens, puis dans l’autre,  me montrant son cul, se cambrant en arrière (tignasse brune me chatouillant le nez), se cambrant en avant (tignasse brune me chatouillant les couilles), pivotant à nouveau dans le sens recto, se cambrant en arrière (tignasse brune me chatouillant les couilles), se cambrant en avant (tignasse brune me chatouillant le nez), pointant en l’air ses petits seins, juste des mamelons tout durs que je n’ose pas toucher tant j’ai l’impression de n’avoir le droit de rien faire, juste de tenir le manche bien raide et attendre, attendre, attendre…

Et puis enfin, ça vient, elle se met à éructer et trembler de tout son corps. Cette fois-ci, c’est moi qui ne serais pas aller jusqu’au bout.

Ensuite, elle se retire de moi et me fait, à quelque chose près, le même topo que l’autre tout à l’heure : se rhabille en silence et me laisse en plan avec ma capote – toujours sur la bite mais vide cette fois-ci – le jean et le caleçon me serrant juste sous les couilles.

Je me retrouve seul et je décide d’accumuler les capotes.

Je me rhabille une deuxième fois et, en sortant de la chambre, tombe cette fois sur Sophie.

Elle est complètement bourrée et m’enlace dans ses bras m’obligeant à reculer de quelques pas et, finalement, à me vautrer de nouveau sur le tas de fringues.

Elle me baragouine des trucs auxquels je ne comprends rien.

Elle est tellement bourrée qu’elle peut pas faire grand chose. Ni m’ôter ma chemise, ni me déboutonner le jean, ni se déshabiller elle-même. Du coup, comme elle s’agite malgré tout dans tous les sens, et que moi, j’évite ses prises maladroites en la retournant encore un peu plus de tous les côtés, elle a un spasme et je sens qu’elle va vomir. Alors je la dirige vers le bord du lit pour pas qu’elle me gerbe dessus.

Là, elle se met à vomir. Je la laisse rendre tout ce qu’il faut.

Quand je m’approche du bord du lit pour la redresser, je me rends compte qu’elle a gerbé sur les préservatifs qui se fondent maintenant dans ce mélange de dégueuli et de sperme.

Je la redresse et lui demande si ça va.

Elle ne me répond pas.

Je l’aide à se lever et la ramène dans le salon, et jusque dans la cuisine, pour qu’elle puisse se débarbouiller au robinet.

Là, une fois qu’elle s’est mise un peu d’eau sur la figure, elle me fait : « Ca va… ça va… », en me repoussant avec la main comme si elle voulait que je la laisse tranquille.

Je la laisse tranquille.

Quand je retourne dans le salon, je tombe sur J-B et lui dis que Sophie est malade. Il me dit qu’il va s’en occuper, me fait un clin d’œil et se dirige vers la cuisine.

Je récupère deux ou trois fonds de verre que je vide cul sec sans chercher à comprendre ce que c’est.

Y a plus grand monde.

Je croise de loin le regard étrange de la meuf qui m’a baisé tout à l’heure et qui fait maintenant genre de rien. Elle parle avec un mec qu’a l’air pédé.

Je décide de partir.

Je descends les escaliers de l’immeuble dans le noir, parce que je trouve pas la lumière.

Dehors, les rues sont vides.

Occulte héros 4

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