BLAZE de Stephen King

Publié le par Guillaume Fortin

Un manuscrit oublié dans un carton et publié 35 ans plus tard, une perle rare du roman noir « de gauche » signé du maître de l’épouvante, un roman de l’été, sans aucun doute…

 

 

9782253022633-G[1]Le livre de poche, mars 2010

 

<Lire l'article sur fond blanc>

 

Datant de 73 et originellement signé Richard Bachman (pseudo de Stephen King et « auteur d’une série de romans qu’il n’a vendu à personne »), le manuscrit de Blaze est resté sans éditeur et mis de côté durant trente ans (jugé trop mélo au goût de l’auteur devenu célèbre en 74 avec Carrie). Finalement relu et revu par le « grand master » trois décennies plus tard, il connaît sa première édition en 2007 (2008 en France et 2010 pour l’édition de poche). En somme, un fond de tiroir. Certes. Et Stephen King ne s’en cache pas (voir sa très humble, très instructive, et sans doute très mystificatrice préface). Mais un fond de tiroir qui se révèle être une perle non négligeable, de l’auteur comme du roman noir en général. Car il s’agit bien d’un roman noir. Et même, d'un roman noir « de gauche ». Pour le dire autrement : un roman dans lequel la noirceur du monde est décrite avec justesse, lucidité et humour (comme il se doit d'un bon roman noir), mais dans lequel transparaissent aussi, en filagramme, les vraies raisons du mal. Un roman proche, en ce sens, de certaines thématiques déjà connues de l’auteur, avec un personnage de colosse attachant rappelant le condamné à mort de La ligne verte, ou le trop sensible Lennie du chef-d’œuvre de Steinbeck Des souris et des hommes. Bref, un roman juste, émouvant et humain, qui sait nous prendre par son intrigue et sa construction sans pour autant tomber dans la mécanique (tournant trop souvent à vide) des spécialistes actuels du suspense (américains ou copistes du genre). Un excellent roman de gare (ou de plage…) donc, qui nous rappelle, s’il en était besoin, à quel point Stephen King est un des inventeurs d’histoires parmi les plus géniaux de notre temps. Un livre anachronique, réjouissant et plein de petites trouvailles, pépites dans la pépite, comme cette juteuse et ingénieuse idée d’un kidnapping de nourrisson (on pense ici à l’humour d’un Westlake), cette sympathique amitié entre truands à la petite semaine, ou encore, ce dernier coup monté par un homme mort, chuchotant ses instructions à l’oreille de son complice, bien vivant, mais sous influence...

 

<Voir toutes les chroniques>

<guillaume.fortin.over-blog.com ©>

 

Commenter cet article

Claude Le Nocher 27/06/2010 20:22


Salut Guillaume,
Je ne crois pas avoir écrit de chronique sur Stephen King, à part sur son dernier recueil de nouvelles. Pourquoi ? Parce que cet auteur nous apparaît à tous comme une évidence, celle du talent, de
la facilité d'écriture alliée à l'inspiration. King est incontournable !
Je n'ai pas lu "Blaze", peu importe ! Oui, Stephen King a toujours dit qu'il imaginait une intrigue criminelle, avant d'y ajouter son propre univers. Oui, même si Stephen King joue aujourd'hui les
semi-retraités entre Maine et Floride, il a (eu) une vraie conscience sociale. Souvenons-nous de "Christine", autant la revanche d'un pauv' p'tit gars que celle de sa bagnole. Et quand des jeunes
"de bonne famille" sont confrontés à un clown maléfique, c'est-y pas un aspect de la réalité sociale, ça ? Bon, ça sert à rien de cumuler les exemples...
Tiens, à propos d'hommage à Richard Bachman, lire "Lonely Betty" de Joseph Incardona, c'est un régal de gastronome du polar !
Amitiés.