Evènement théâtre

Publié le par Guillaume Fortin

La révolution des Chibanis c’est l’histoire de deux immigrés d’origine algérienne qui débarquent à Marseille dans les années 50 pour la grande aventure. Celle de tant d’immigrés de la même époque. Celle de tant d’immigrés tout court.

 

 « Les gens des quartiers sont surpris

de voir leur Histoire

sur scène jouée avec autant de simplicité »

rev

Si leur histoire est faite, pour une grande part, de mésaventures (la misère, les chantiers, le racisme, la première génération des assistantes sociales…), le thème n’est pour une fois pas abordé sous un angle dramatique ou misérabiliste. La pièce commence sur ces paroles du narrateur principal : « Chibanis, Chibanis, qu’est-ce tu crois, toute la vie on était Chibanis ? Nous aussi on était beau, on était jeune… ».

 

«  Sur les tabous qu’on a mis en scène,

la prostituée, l’alcool, etc.,

les jeunes sont souvent plus choqués

que les vieux… »

 

Pour autant, le fond des propos n’est pas édulcoré. Bien au contraire. L’angle de la comédie sert à mieux faire exploser les tabous, les préjugés et les rancoeurs. Elle redonne place à la vie. Tout particulièrement celle des cités populaires et de leurs habitants, personnages à part entière du spectacle. Et l’on rit beaucoup. Soit qu’on reconnaisse quelqu’un de son quartier (la commère, le mafieux, le gitan, celui qui a leur cœur sur la main…), soit, pour ceux qui n’ont pas vécus dans les quartiers populaires, un caractère archétypal du genre humain dont l’universalité dépasse les frontières des classes sociales.

 

« Au niveau du texte,

nous ne travaillons pas sur quelque chose de déjà écrit.

Il y a un squelette qu’on respecte

mais nous conservons une certaine liberté d’improvisation

qui rend notre jeu vivant et spontané. »

 

Pour situer un peu mieux cet OVNI débarqué tout droit de la planète Marseille, on pourrait citer le théâtre de Molière pour le jeu d’acteur à l’esprit très « Commedia dell’arte », le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine pour le travail d’improvisation, le théâtre-forum, dont deux des acteurs principaux sont issus, pour l’aspect social, et peut-être Djamel Debbouze pour le thème et l’humour, ou encore le théâtre du Splendide…

 

« Quand on a cherché à savoir quel spectacle monter,

on s’est dit : il faut de la matière, il faut de la matière,

mais on se rendait pas compte que de la matière

on en avait. »

 

L’équipe d’acteurs-auteurs, composée de Kamel Boudjellal, Djamel Belhouchat et Driss Benattia, accompagnés à la guitare par François Rodriguez (remplacé aujourd’hui par Christophe Tarres), est une bande d’amis d’enfance tous originaires de la cité de la Busserine, à Marseille. Le spectacle s’est construit sous forme d’improvisations à partir d’un travail de mémoire sur leur quartier, leur famille, leurs voisins, les anecdotes. Certaines scénettes avaient déjà été montées lors d’animations pour des familles et les deux personnages principaux des Chibanis existaient déjà. C’est à partir de cette matière mémorielle et de ces situations qu’est venue se greffer la mise en scène de Marie Faverau-Camara permettant au spectacle de prendre toute sa dimension théâtrale. Le résultat est plus que brillant, génial !

 

Docu vidéo   

Samedi 15 mai 20H

Centre culturel municipal d’arrondissements Mirabeau

5 impasse Albarel Malavasi

13015 Marseille

10 euros

Infos : 06 83 43 35 68

 

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